Dans les salles

« VS. » un film indé anglais qui fait plonger dans le monde des battles de rap underground

N’ayant pas pu assister aux premières projos du London Film Festival, j’ai entamé seulement les festivités trois jours après le lancement officiel. Et ça démarre fort avec VS., un film britannique tout ce qu’il y a de plus indépendant et d’authentique. C’est parti pour une rap battle (non, pas une Jewish American Princess rap battle, #LesVraisSavent) ! Bienvenue à Southend-on-Sea, une petite ville à l’est de Londres, sur la côte. Station balnéaire type, la bande de jeunes locale consacre ses soirées à des duels de rap.

Adam a été baladé de famille d’accueil en famille d’accueil et revient dans sa ville natale à l’âge de 17 ans. Il fait la connaissance de Makayla qui l’initie aux duels de rap souterrains. Sur cette nouvelle scène, il va pouvoir s’exprimer…

Je reconnais que tout ce qui est discours et manipulation des mots m’impressionne toujours. Ça en envoie encore plus quand le message transmet une conviction personnelle. Le rap freestyle, l’impro, ou encore les débats, j’admire vraiment tous les gens qui pratiquent ces arts. Ça me rappelle d’ailleurs le docu À voix haute qui était sorti en 2016 sur le concours Eloquentia. Bien entendu, la comparaison avec 8 Mile semble facile aussi, avec un héros caucasien qui rappe pour s’en sortir dans sa quête identitaire.

Bref, VS. était brut, puissant et bien entendu bien écrit. Le film va droit au but comme son titre. Je trouve ça super violent quand tu t’attaques directement à la personne en utilisant des mots. Alors clairement, on est loin du body positive ou de la tolérance quand ils dégainent leur flow, mais je dois reconnaître que ça rend encore plus authentique le milieu. Et c’est une question d’adaptation aussi. Une fois dans la meute, agis comme un loup avant de tenter de devenir l’alpha. Je suppose que ce qui m’a le plus dérangée, c’est la méchanceté qui peut ressortir dans les paroles. Elles blessent encore plus car elles contiennent un fond de vérité un peu twistée et visent toujours les faiblesses de l’adversaire. Ça donne envie d’en écouter plus (et il faut s’accrocher à leur accent et leur jargon, je dois avouer que je n’ai pas tout compris) et de ne jamais être la personne qui se fait lyncher sur la place publique.

Il s’agit là du premier long-métrage de son réalisateur Ed Lilly, qui a su capturer la ville de Southend-on-Sea dans toute sa culture underground et son milieu populaire. Connor Swindells qui campe le jeune Adam est vraiment doué, son débit de paroles en impose et il a bien dû réviser avec un coach. Sur le coup, il m’a vachement fait penser à Josh O’Connor dans God’s Own Country, tellement de rage et de sentiment d’incompréhension dans cet être. On va le retrouver bientôt dans Sex Education aux côtés de Gillian Anderson, tiens. Les autres acteurs ne sont pas en reste, loin de là, et ils complètent avec naturel le squad de VS.

Entre nous, j’ai beaucoup pleuré (je suis une vraie madeleine au cinéma), tellement que ma voisine de devant m’a gentiment offert un mouchoir (et Dieu merci car j’étais en train d’épuiser mon dernier). Donc merci à toi, Sarah, d’avoir été aussi aimable !

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