Dans les salles

Avec « Wildlife », Paul Dano réalise un premier film à son image

L’an dernier, je venais d’arriver à Londres et il était trop tard pour assister au London Film Festival. Alors cette année, je m’y suis prise un peu plus en avance, et j’ai ainsi accès à quelques projos précédant le festival. Les festivités ont commencé avec Wildlife, le premier long-métrage réalisé par Paul Dano qu’il a co-écrit avec Zoe Kazan, sa compagne à la ville. En têtes d’affiche, pas moins que Carey Mulligan et Jake Gyllenhaal !

L’histoire est adaptée du roman de 1990 écrit par Richard Ford, Une saison ardente en français. Elle rappelle les paysages des grands classiques des écrivains américains de la Génération perdue, à la Fitzgerald ou Steinbeck. Ford pose son récit dans le Montana des années 60 quand l’American dream bat son plein et qu’à New York, les Mad Men dictent les tendances. Sauf qu’ici, les Brinson sont bien loin de tout ça et ont d’autres priorités. Le spectateur va suivre la dissolution d’un couple via les yeux de leur fils unique, Joe, du haut de ses quatorze ans dans le film.

Le père dépressif (Jake Gyllenhaal qu’on voit sale, fatigué et bien trop nerveux pour ce rôle) a une fierté mal placée pour les salaires qu’il gagne, la mère insatisfaite (Carey Mulligan qui crève l’écran et ça fait plaisir de la revoir aussi à fond) tente par tous les moyens d’améliorer son sort, et au milieu de tout ça, Joe (Ed Oxenbould), un ado bien poli qui arrive au sein d’une nouvelle école dans une ville paumée.

  • Un film contemplatif

Si on m’avait dit que le film était réalisé par Paul Thomas Anderson, je n’aurais pas cillé d’un pouce. La patte de Dano contient la même langueur, le même style presque académique, seule la photographie les différencie un peu. Chaque plan est étudié, les plans rapprochés sur le visage juvénile de Joe capturent ses émotions. Les mots sont inutiles. Le jeune Ed Oxenbould se débrouille pas mal dans l’observation et dans la neutralité de ses expressions, ses pensées restent bien mystérieuses tellement il semble difficile à cerner.

Ces plans rapprochés sont interrompus par moments par un plan fixe de maison ou encore par un crépuscule, en passant par un feu ardent… Oui, quelques secondes sur des jolis plans qui font ressortir la gravité du moment.

  • Un sujet en apparence anodin

La lente agonie d’un couple a été montrée plus d’une fois au cinéma. Je pense notamment aux Noces rebelles ou encore à Blue Valentine, comment au début les parents/le couple paraissent heureux ensemble et dès qu’on creuse un peu sous la surface, eh bien, les fissures apparaissent. Et visiblement, ça fait un sujet de choix pour le septième art.

Jerry ne trouvant pas de travail va partir combattre les feux de forêt alors que Jeannette prend sa décision comme une fuite et un abandon. Elle décide d’utiliser ses atouts féminins pour s’élever socialement, le plus simplement du monde. Quant à Joe, il se retrouve coincé tel un gamin impuissant qui ne comprend pas les choix des adultes. Son regard n’est pas des plus objectifs non plus, mais pourtant on n’arrive pas à en vouloir à l’un ou l’autre. En revanche, ce qui est certain, c’est que de notre point de vue on se pose des questions sur la sanité de sa relation avec sa mère…

  • Un silence pesant

Effectivement, la difficulté de ce projet ne résidait certainement pas dans l’apprentissage du script. Ce point rejoint un peu le premier, Wildlife préfère utiliser le silence pour donner sens aux émotions plutôt que des dialogues. Et parfois, c’est adéquat, mais d’autres fois, ça rend juste l’ensemble très lent. Et le manque de musique renforce encore plus le poids des silences. Seuls les bruitages du quotidien se font entendre distinctement.

Ayant dit tout ça, je ne vais pas y aller par quatre chemins, je n’ai pas vraiment aimé le film. Il remplit toutes les cases d’un cinéma avec lequel j’ai du mal… Réservé, un poil intello, contemplatif, presque naturaliste tellement rien ne se passe. J’attends qu’un événement chamboule les choses, mais le seul pic dans l’encéphalogramme plat du film est caractérisé par une course à pieds. Bien entendu, en tant qu’œuvre cinématographique, ce premier film déborde de qualités. Mais malheureusement pas pour moi puisque je l’ai trouvé plutôt ennuyeux (pas à en mourir car pendant dix minutes environ, j’ai été happée par une scène). Et c’est le moment d’expliquer mon titre. Oui, je trouve Dano aussi ennuyeux. Il joue toujours les rôles du personnage un peu taré sur les bords qui encaisse, se retient, puis explose d’un coup. Et non, ce n’est pas du tout équilibré ça. Alors ce que je peux dire, allez le voir si vous êtes du genre à aimer les noms et films cités dans l’article, sinon, passez votre tour !

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