Coin canapé

Michelle et Robert King nous parlent de la fin de « BrainDead », de « The Good Fight » et de Broadway (parce que bon)

À la 58e édition du festival de télévision de Monte-Carlo cette année où nous étions avec Toto, j’ai eu la chance de rencontrer les King, alias Michelle et Robert, plus connus comme étant les créateurs et showrunners de The Good Wife, BrainDead et The Good Fight. Il y a peu de showrunners de networks que j’admire plus qu’eux. Ils ont réussi à faire d’un procedural comme The Good Wife l’une des séries les plus pertinentes de son temps. Et avec The Good Fight, ça dépote tellement que je suis persuadée que la série sera à l’origine de la démise de Trump !

The Good Fight est beaucoup plus brut que The Good Wife, est-ce que c’était volontaire dès le départ ou c’est la diffusion sur CBS All Access qui a permis ça ?

Michelle K : Ce n’était pas uniquement le passage au streaming même si cela a permis ce changement de ton. Sur le network déjà, on avait pas mal de liberté. Non, la raison principale, c’est que le monde a changé, donc la série devait changer aussi.

Robert K : Peut-être qu’inconsciemment ça a été le cas. Inconsciemment dans le sens où, lorsqu’on t’accorde beaucoup de liberté, tu as tendance à explorer tout ce que tu peux faire, et ça permet d’être plus brut. On peut être plus franc.

Quand on y pense, la saison 2 de The Good Fight avec Kill all lawyers, clairement il n’y a plus de limites ! Ils expliquent au début que l’assassinat leur semblait hors-limites mais en fait, non, lors de l’écriture de la saison 2 le couple s’est rendu compte que cela faisait partie de l’évolution logique de la série.

Comment fonctionne votre processus d’écriture ? Est-ce que, pour écrire le voyage d’un personnage, vous réfléchissez à tout ce qui va lui arriver avant la conclusion ou bien vous imaginez où le personnage va finir puis vous créez les obstacles qu’il va rencontrer ?

Robert K : Un peu des deux, mais la plupart du temps, on procède dans le sens inverse. Une bonne histoire est un miracle, et si c’est un miracle c’est parce qu’il est difficile de rendre une fin inévitable et surprenante à la fois. Pour arriver à ce résultat, il est important de connaître les obstacles sur le chemin. Sinon, tu ajoutes quelque chose qui n’est pas inhérent à l’histoire. Dans la writers’ room, on cherche vers quoi tendent Diane ou Lucca à un moment donné, et à partir de là, on crée les problèmes qui vont mener à la situation finale.

Robert ne cache pas que la plupart des idées viennent de Michelle comme par exemple la fameuse « pee pee tape » de Trump.

Vous êtes les showrunners qui ont engagé le plus d’acteurs de Broadway, quelle est votre relation avec Broadway ?

Michelle K : Déjà, on tourne la série à New York donc on a cet avantage par rapport aux séries de Los Angeles. Ensuite, nous avons un directeur de casting fantastique nommé Mark Sachs qui va au théâtre cinq fois par semaine. Il connait tout le monde et tout ce qui se passe. Il nous déniche des talents sans arrêt.

Robert K : Et notre production est très sensible aux levers de rideau. Par exemple, on voulait Katrina Lenk, elle jouait dans A Band’s Visit qui a remporté le Tony. Elle a interprété l’Israélienne pendant quelques épisodes cette saison. On savait qu’on devait la relâcher à 16h pour qu’elle soit présente à la représentation du soir. Donc on arrange le planning pour que ça puisse se faire ainsi que l’écriture. Par exemple , on a écrit de façon à ce que son personnage puisse tenir sur 12 pages.

Vous avez l’intention d’écrire une comédie musicale ou une pièce dans le futur ?

Michelle K : C’est un rêve, mais pas encore une réalité.

Oui, eh bien je continue d’espérer. Ce serait chouette d’avoir Jonathan Coulton à la compo (le type de BrainDead) !

BrainDead était un peu votre enfant favori. Comment vous avez réagi à l’annulation de la série ?

Michelle K : Sans surprise. On se rendait compte à quel point on prenait plaisir à faire la série mais qu’il n’y avait pas autant de gens qui la regardaient. C’était une série étrange.

Robert K : Il n’y avait rien à faire. Vers la moitié de l’aventure, on savait que ça n’allait pas revenir. On avait un casting génial, des scénaristes très drôles, la structure des previously on était comique… on faisait un peu la série pour nous. Il y avait des thèmes qu’on voulait aborder comme la torture aux États-Unis, c’était important pour nous. L’une de nos inquiétudes lorsqu’on voyait les politiciens faire campagne aux États-Unis, c’est que les gens prennent au sérieux toutes leurs métaphores appelant à la lutte et au combat. C’est pourquoi on voulait une scène où quelqu’un dirait « si tu me vois vraiment comme un ennemi, vas-y, prends cette arme et flingue-moi. » J’aimerais qu’elle revienne, cette série serait si appropriée de nos jours.

Ben t’es pas le seul Robert ! L’une des meilleures séries estivales politiques qu’on ait pu avoir, avec du Aaron Tveit, Nikki M. James, Megan Hilty de Broadway pour ne citer qu’eux ! Dire que la saison 2 allait porter sur Wall Street puis la 3 sur la Silicon Valley… on n’aura jamais l’occasion de voir ça…

La manière qu’ils ont de parler de leurs séries et de leur métier démontre une véritable passion et une culture énorme. J’étais en émerveillement et buvais littéralement leurs paroles. Ahlala, quand vous êtes un génie, eh bien, y a pas à dire, il n’y a pas moyen de le cacher !

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