Coin canapé

« Vida » ou une immersion dans la communauté Latinx pas comme les autres

Rien que le terme Latinx contient un sens maintenant. La première fois que je l’ai entendu, ça devait être dans One Day at a Time (oui, je sais, on en reparlera du fait d’être woke). L’usage du mot sonne pompeux, au lieu de dire « latino » ou « latina » (et pour pas faire de bourdes) tu optes pour latinx. En fait, le mot a un sens militant (et je n’ai pas trouvé d’article français, donc ce serait cool que quelqu’un en fasse un), le HuffPost UK explique les origines par exemple. Bref, Vida, c’est la nouvelle série de Starz qui se veut moderne et osée dans la communauté latinx.

Dans un quartier hispano de LA, Vidalia Hernandez vient de mourir en laissant son bar endetté à trois personnes : ses deux filles et sa femme. Femme dont les filles n’apprennent l’existence que le jour des funérailles bien entendu. Comment est-ce possible ? Eh bien, l’aînée ne parle plus avec sa mère et la communication entre les sœurs se cantonne à des sujets superficiels. Donc c’est simple, elles reviennent pour régler leurs affaires et chacune veut retourner à sa vie. Sauf que bien sûr, ça ne se passe pas comme prévu car la veuve ne veut pas revendre…

Le premier épisode ne m’a franchement pas convaincue et m’a même rendue perplexe. La réalisation « originale » concrètement est juste très « sale ». Quasi tout est filmé à l’épaule très clairement, y a des plans où les persos sont tellement (volontairement) hors cadre que je sais plus où regarder. Mais je suppose que ça se veut assez expérimental. On peut accrocher ou non. En revanche, il faut noter un défaut assez compliqué à dépasser : le jeu des acteurs. Il y en a qui sont vraiment pas très bons (la seule qui trouve grâce à mes yeux pour le moment, ou du moins qui se place au-dessus des autres, c’est Mishel Prada qui joue Emma). Donc il faut vraiment persister pour donner une chance à la série. Voilà, ça c’est dit, on peut passer aux qualités de Vida maintenant.

Sa description de la communauté latinx déjà. Oui, Jane the Virgin présente elle aussi des protagonistes hispaniques et son cast l’est majoritairement, mais il y a quand même des Blancs principaux quoi (et Dieu merci pour Petra, hein), c’est pareil dans One Day at a Time. Dans Vida, on peut dire que la série est 100% composée de Latinx. Coup plutôt osé de la part de Starz, surtout que les scénaristes optent pour employer du spanglish, un mélange d’espagnol et d’anglais, ce qui fait que je ne comprends pas une partie de ce qu’ils disent. Et au sein de cette minorité, on y rajoute une autre, la communauté queer, et ça donne une voix à une population plus que sous-représentée. En plus, chez des cathos-tradis, on peut pas dire que c’est la grande tolérance. Allier ces deux minorités, c’est une autre preuve de l’investissement des producteurs sur cette série, et rien que pour ça, je dirais qu’elle vaut le coup.

Parlons sexe maintenant. Le deuxième épisode lance enfin les enjeux de la saison (courte, seuls six épisodes de 30 min sont prévus) et j’aurais pu arrêté si je n’avais pas lu cet article de Vulture. Ce que j’associe avec Starz, c’est le sexe gratuit à la Spartacus ou encore Black Sails (des séries que j’ai regardées de bout en bout, ne vous détrompez pas), mais je dois reconnaître que dans Vida, c’est plutôt du sexe utile. Et effectivement, la composition de la scène d’ouverture du troisième épisode est plutôt bien pensée. Mais même sur l’aspect du male gaze ou autre, ça se ressent pas vraiment, car la grande majorité de l’équipe (de l’écriture à la réalisation) est composée de femmes.

Ensuite, je dois le dire, à la moitié de la saison, les autres arcs narratifs commencent aussi à se dessiner. L’épisode 4 est sans doute mon favori pour le moment et développe enfin les personnalités des persos. Je crains que la fin n’arrive alors que ça devient enfin intéressant…

Et puis, même de manière générale, Vida traite du deuil, d’une sorte de crise du quart de siècle quand tu sais pas quoi faire de ta vie, du fait d’être femme dans un environnement assez macho, de l’embourgeoisement au détriment des identités culturelles, et bien sûr, des relations sentimentales. J’aime bien quoi. Tout transpire la sincérité, l’authenticité et je dirais même que ça dégage beaucoup de cœur. Je la considère comme assez originale pour valoir le coup d’être suivie malgré des défauts évidents. Mais l’écriture se révèle assez forte pour compenser les faiblesses du moment (et aussi j’ai un crush sur Emma).

(P.S. : l’autre série de Starz qui a commencé au même moment s’appelle Sweetbitter, je ne sais pas encore si j’aime bien pour le moment…)

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