Chez le libraire

« If We Were Villains », un coming of age shakespearien

Papier entièrement sans spoiler, parce que ça ne servirait à rien autrement.

Bienvenue au Dellecher Classical Conservatory, une école d’élite des arts de la scène dont seuls les meilleurs ressortent diplômés. La section théâtre, dédiée à l’oeuvre de Shakespeare, est la plus prestigieuses et les 4e années sont de véritables stars. Cette année-là, ils étaient sept. Sept jeunes adultes dont l’avenir s’annonçait brillant. Septs jeunes adultes entretrenant des relations passionnelles et brûlantes malgré la compétition et la pression. Seulement voilà, la passion a viré à la haine et à l’obsession. Les rivalités ont pris un mauvaise visage. Dans la nuit suivant leur première représentation de Jules César, une tragédie inévitable s’est produite. Dix ans plus tard, Oliver sort de prison et raconte ce qui est réellement arrivé cette nuit-là et comment chacun a tenté de vivre, ou plutôt survivre, après ça.

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J’ai eu envie de vous parler de If We Were Villains parce que c’était la première fois que je lisais un coming of age qui intégrait aussi une part de thriller. Un peu comme si The Breakfast Club ou Stand by me avaient rencontré Souviens-toi l’été dernier. Oui bon, ça peut paraitre étonnant comme ça, je le conçois, mais pourtant, c’est bien ce à quoi j’ai pensé lorsque j’ai refermé ce roman. Mais ce que j’ai encore plus apprécié, c’est que le côté thriller et mystérieux n’est qu’un moyen de mettre en valeur l’intensité et la complexité des relations qu’entretiennent les personnages.

Il y a quelque chose d’assez fou quand on lit ce livre, on est littéralement emportés par l’extravagance des personnages. L’auteure, qui a fait des études approfondies sur l’oeuvre de Shakespeare, a essayé de lui rendre hommage en créant un véritable roman shakespearien dans lequel des jeunes parlent, jouent, vivent et respirent Shakespeare. Cela donne une dimension tellement dramatique à cette histoire. Il n’y a aucune demi-mesure, l’amour se révèle dangereux, empreint de jalousie et de ressentiment. Les meilleurs amis, voire amants, deviennent subitement ennemis et se font du mal, bien souvent parce qu’ils s’aiment trop.

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On les aime, ces personnages, Oliver, James, Meredith, Wren, Filippa, Richard et Alexander. On aime leurs relations complètement folles et ce qu’elles leur procurent. Ils vivent et dorment ensemble au sein d’un dortoir isolé sur le campus. Ils travaillent, vont en cours et répètent de longues heures pour les différentes représentations qu’ils doivent donner devant l’ensemble des élèves et professeurs. Chaque spectacle et un événement dont ils sont les rois et les reines. Ils ont formé leur propre famille. Ils sont vivants, habités par les personnages qu’ils doivent interpréter. Ils brûlent la vie par les deux bouts et leur monde ne se réduit qu’à Shakespeare et leur petit cercle. Rien d’autre ne compte. On les déteste aussi, parfois, tellement leur égo et leurs sentiments disproportionnés les éloignent de la réalité et les mèneront à leur perte alors que l’avenir semble leur sourir. C’est peut-être bien ce côté écorchés vifs et irrationnels qui fait que l’on a quand même envie de les soutenir, quoi qu’il arrive.

Au final, ce livre et son ambiance fiévreuse aspirent le lecteur et en font le témoin principal de l’engrenage infernal qui se forme autour des personnages. On se retrouve là, en observateur extérieur, sauf, à l’abri, mais fasciné. On ressent le magnétisme que les sept jeunes dégagent, on est peut-être aussi un peu jaloux devant ces rapports fusionnels et frustrés d’en être exclus.

Si vous appréciez les romans qui mettent en scène des jeunes qui traversent cet étrange et tortueux chemin qui mène vers « l’adultisme » et que vous n’avez rien contre un peu de mystère et une grosse dose de drama, je pense sérieusement que vous pouvez vous lancer dans cette lecture les yeux fermés. Enfin, vous m’avez compris.

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